Cette étude évalue quantitativement le " double dividende " sur l'emploi d'une hausse de l'âge de départ en retraite. Nous montrons que si les individus partaient en retraite un an plus tard, typiquement en faisant passer de 60 à 61 ans l'âge minimum légal de départ, il pourrait en résulter une augmentation du taux d'emploi des 60-64 ans de 8 points. A ce premier " dividende " s'en ajouterait un second, pour les 55-59 ans, caractérisé par une augmentation du taux d'emploi pour cette tranche d'âge de 9 points. Autrement dit, les 3/4 de l'objectif affiché par le plan senior en 2006, c'est-à-dire un taux d'emploi des 55-64 ans égal à 50% à l'horizon 2010, contre 38% aujourd'hui, pourrait être atteint. L'impact positif induit sur les 55-59 ans traduit notamment un effet d'horizon et d'anticipation à la fois du côté des entreprises, pour qui l'intérêt à maintenir en emploi les 55-59 et les recruter est accru, et du côté des travailleurs, pour qui les bénéfices de la recherche d'emplois augmentent également. Il apparaît néanmoins que ce double dividende sur l'emploi renvoie essentiellement à la diminution des destructions d'emplois de seniors, l'impact sur le recrutement et la recherche d'emplois ne jouant quantitativement qu'un rôle marginal. Autrement dit, le " rendement macroéconomique " d'une année de travail supplémentaire concerne essentiellement les travailleurs en place, dont le niveau de compétences accumulées sur leur poste de travail est élevé. A l'inverse, ce rendement concerne peu les seniors au chômage, leur reprise d'emploi demeurant fortement pénalisée par l'absence d'ancienneté et donc de compétences spécifiques.