Fort de ce constant, le pôle " Analyse Financière et Comptabilité " a vocation en s'appuyant sur l'état de l'art académique, à remettre en cause certains paradigmes financiers, en particulier celui qui consiste à écarter les risques idiosyncrasiques de la prime de risque, parce que diversifiables, afin d'apporter aux acteurs des marchés financiers (analystes financiers, investisseurs, entreprises, agences de notation, auditeurs...) un nouvel éclairage sur le taux d'actualisation et de proposer de nouvelles solutions pratiques pour sa détermination. Pour ce faire, cinq programmes de recherche ont été mis en œuvre à ce jour :
Ce programme de recherche constitue le socle du corps doctrinal de notre pôle " Analyse Financière et Comptabilité " et assure une veille technologique sur le taux d'actualisation. A partir d'un état de l'art des travaux académiques sur le coût du capital, ce programme a vocation à présenter les limites de chacune de ces théories, afin d'apprécier les raisons qui font que les acteurs des marchés financiers n'y ont pas recours. Fort de cette analyse, l'objectif de ce programme est de mettre en œuvre un modèle de valorisation EDHEC, cohérent d'un point de vue académique et opérationnel pour la communauté financière.
L'idéologie du pôle est que la valorisation des sociétés doit intégrer une prime de risque opérationnelle, comportant un risque systématique comptable qui devrait davantage être mis en exergue par les exigences de qualification et quantification des risques imposées par les IFRS. Ce programme souhaite ainsi remettre en cause le paradigme financier qui consiste à écarter les risques idiosyncrasiques de la prime de risque, en contredisant l'idéologie selon laquelle les IFRS sont neutres sur la perception des risques. Nous montrons qu'elles ont un impact, soit sur les agrégats financiers auxquels ont recours les analystes financiers et investisseurs, soit sur la stratégie des sociétés en vue de neutraliser l'effet comptable.
La première étude de ce programme intitulée " L'impact des IFRS et de Solvency II sur la gestion des sociétés d'assurance ", réalisée conjointement avec le pôle de recherche " gestion d'actifs et gestion des risques " a été sponsorisée par AXA IM et a fait l'objet de nombreuses présentations, tant au Parlement Européen à Bruxelles, qu'à des tables rondes et conférences réunissant des professionnels de l'assurance et des membres des autorités de contrôle européens à Londres et à Paris.
Le sujet de ce programme est devenu au cours de ces dernières années, un leitmotiv dans la valorisation pratiquée par la communauté financière. Les évaluateurs ajustent en général de façon très " intuitive " leur taux d'actualisation en fonction de la qualité du gouvernement d'entreprise. Nous souhaitons apporter une rigueur plus scientifique à cette problématique.
La première étude de ce programme est sponsorisée par Décathlon et soulève la problématique de l'" optimisation de la structure financière des sociétés familiales, coût du capital et valorisation ". En effet, dès lors où l'on se focalise sur les sociétés à contrôle familial, leurs spécificités rendent caduques une large part des résultats de la théorie financière moderne, notamment quant à l'analyse des performances de la société, son système de gouvernance, sa structure de financement et sa politique d'investissement.
Ce programme de recherche concerne le développement du recours aux évaluations financières indépendantes. La réglementation sur la problématique de l'indépendance de l'évaluation fait l'objet d'une intensive réflexion des deux côtés de l'Atlantique et ce programme a vocation à analyser la réelle transparence, objectivité et efficacité de l'indépendance des évaluations financières, notamment dans le cadre des attestations d'équité. Ce programme de recherche procède à des comparaisons internationales afin d'identifier l'impact de la réglementation des attestations d'équité sur l'évaluation et la gouvernance des sociétés.
Mentionnons que pour le cas français, à la fin 2006, l'AMF a réformé la réglementation relative à l'expertise indépendante, afin d'instaurer un statut de l'évaluation financière indépendante, prévoyant notamment des cas de recours obligatoires à l'attestation d'équité et d'autres conseillés. Cette réforme s'inscrit dans une volonté plus générale du régulateur de protéger les intérêts des minoritaires. Pour autant, cette réglementation pourrait renforcer les conseils d'administration dans leur mission d'évaluation de la société.
Ce programme de recherche concerne le développement de normes, définitions, méthodes et critères de qualité généralement internationalement reconnus, sur la performance d'indicateurs non financiers (satisfaction clients, marque, capital humain, etc.). Le recours à ces indicateurs devrait se manifester tant dans le cadre des reportings externes auprès des investisseurs que dans la gestion de la performance interne par les sociétés elles-mêmes. Plus précisément, ce programme a pour ambition d'identifier et définir les concepts pertinents, de mettre en œuvre une méthodologie rigoureuse de mesure et de transférer cette compétence vers les entreprises.
